LA PLAYLIST PARFAITE POUR UN ROAD TRIP EN GÉORGIE

Par Yvan Ruiz

Temps de lecture estimé : moins de 20 minutes

Temps d’écoute : environ 1 heure

Vous êtes dans votre canapé et vous avez envie de faire un voyage musical ? Ou dans l’avion, le casque sur les oreilles et votre esprit est déjà dans le Caucase ? Ou alors déjà les cheveux au vent sur les routes géorgiennes ? Alors, appuyez sur « play » et montez le son pour découvrir le pays en mode audio. Voici donc la playlist 100% géorgienne sélectionnée par Nela Voyage !

Note importante : retrouvez tous les morceaux de cette playlist, ainsi que de nombreux autres, sur la chaîne Youtube de Nela Voyage. Et n’oubliez pas de vous abonner !

01. ENSEMBLE BASIANI : Gandagana

ანსამბლი ბასიანი : განდაგანა

Pour ouvrir ce road trip musical, rien de tel que la danse « Gandagana », le joyau de la tradition régionale d’Adjarie. Récemment popularisée en France par Maître Gims, cette version de l’ensemble Basiani mélange l’énergie festive d’une danse de montagne et la douceur mélancolique d’une chanson d’amour. On y parle d’une idylle perdue, d’une attente, d’un « au revoir » éternel, mais aussi de la vie rurale, du labeur et de la joie simple d’être ensemble. Avec sa polyphonie puissante et son refrain hypnotique ponctué par les curieuses notes du chiboni, une sorte de cornemuse adjare, c’est le genre de morceau qui se prête parfaitement à notre voyage !

02. ENSEMBLE ANANURI & ZURA MIRZIASHVILI : Eg Sakhe

ანსამბლი ანანური & ზურა მირზიაშვილი : ეგ სახე

Continuons notre voyage sonore avec « Eg Sakhe », un magnifique poème chanté où les paysages escarpés du Caucase se font le miroir des sentiments amoureux. Signifiant littéralement « Ce visage », la chanson est une personnification de la montagne. On y évoque un homme qui parle aux falaises et aux cascades et qui compare leur beauté à celle d’un amour tout aussi dangereux que majestueux. La version de l’ensemble Ananuri évoque parfaitement cette poésie pleine de romantisme, d’admiration, de crainte et de danger. En somme, un air qui invite à la rêverie, un morceau où l’on entend le souffle du vent faire écho au fond des vallées. Bref, une chanson qui agrandit votre horizon intérieur !

03. FRANI : Shen Da Me

ფრანი : შენ და მე

À présent, notre horizon s’élargit au rythme de « Shen Da Me », une ballade amoureuse portée par les voix des deux chanteurs de Frani. Avec un titre signifiant « Toi et moi », aucune désillusion possible. Ce morceau nous embarque dans un voyage chaleureux dans lequel défilent les images de la complicité, de la douceur, des petits gestes et de ces moments à deux que l’on voudrait prolonger. On y retrouve l’esthétique de Frani : minimaliste, sincère, presque chuchotée, mais jamais dramatique ou exagérée. Cette chanson, c’est une bulle intime qui nous enveloppe comme une brise tiède, libre, légère et presque suspendue au temps…

04. ILIKO SUKHISHVILI : Nanila

ილიკო სუხიშვილი : ნანილა

Changement d’ambiance avec « Nanila », un morceau instrumental revisité par le ballet national Sukhishvili pour en faire un morceau chorégraphique mêlant grâce et nostalgie. S’agissant, à la base, d’une berceuse originaire de Svanétie, on y ressent clairement l’âme des montagnes qui semble flotter sur les hauts sommets du Caucase. Avec sa mélodie délicate qui caresse progressivement nos oreilles, ce morceau respire un amour ancestral, simple et puissant qui fait naître  en nous un profond sentiment de nostalgie, d’enracinement, mais aussi de liberté. Ici, nul besoin de mots pour transformer notre voyage en paysage intérieur !

05. KURMUKHI : Ukanaskneli Mohikani

ქურმუხი : უკანასკნელი მოჰიკანი

Après un démarrage plutôt calme, il est temps de passer à la vitesse supérieure avec une adaptation musicale du thème du film « Le dernier des Mohicans » signée Kurmukhi. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un air traditionnel géorgien classique, ce morceau joue sur le contraste entre deux mondes qui se rencontrent : les plaines des Appalaches du Far West américain et les grands espaces du Caucase géorgien. Avec son ambiance mythique et sa texture très singulière, ce morceau est comme un petit voyage où l’on imagine un cavalier solitaire galopant à travers les plaines ou les vallées. En somme, c’est un véritable manifeste de liberté !

06. DEBI GOGOCHUREBI : Mtielta Tamashobani

დები გოგოჭურები : მთიელთა თამაშობანი

Après cette petite parenthèse instrumentale, prenons un peu d’altitude avec le quatuor Debi Gogochurebi, un groupe de quatre sœurs originaires de la région montagneuse de Khèvsourétie. Ce morceau, que l’on pourrait traduire par « Le jeu des montagnards », est un hymne à la nature et à la vie communautaire. Les puissantes voix féminines y célèbrent les rivières, les vallées et les hauts sommets, mais aussi la vie pastorale, les déplacements des troupeaux, les jeux autour du feu et les traditions. C’est une musique pleine d’élan, à la fois profonde et légère, qui donne envie de se laisser porter et d’aller plus loin que prévu…

07. MGZAVREBI : Dzala Ertobashia

მგზავრები : ძალა ერთობაშია

Notre voyage défilant de plus en plus vite, rien de tel que l’élan fougueux de Mgzavrebi, un groupe géorgien connu pour son savant mélange de folk, de rock et d’instruments traditionnels. Avec « Dzala Ertobashia », c’est un symbole fort qui est lancé puisqu’il s’agit de la devise officielle de la Géorgie ! Signifiant « La force est dans l’unité », ce morceau emprunte l’idée de cohésion sociale et la transforme en un voyage musical où il est question de paix, une notion chère au peuple géorgien. « Dzala Ertobashia » est donc plus qu’une chanson, c’est une réflexion existentielle sur l’union et la solidarité !

08. DAVIT BARKAIA & REVAZ FIFIA : Sait Midis Gza

დავით ბარქაია & რევაზ ფიფია : საით მიდის გზა

Maintenant, laissons la voix chaleureuse de Davit Barqaia nous porter grâce aux arrangements modernes et envoûtants de « Sait Midis Gza ». Avec un titre évocateur signifiant « Où va la route », ce titre joue sur l’image du voyage pour en faire la métaphore d’un destin incertain et d’un désir d’avancer. Ici, la vibration rythmique est comme une ligne qui interroge sans jamais donner de réponses et chaque couplet est une invitation à s’élancer dans l’inconnu. C’est un morceau optimiste, presque cinétique, qui célèbre le fait de ne pas tout savoir à l’avance. Ici, la route n’est donc pas une question : c’est une invitation !

09. ANA MALAZONIA : Magnolia

ანა მალაზონია : მაგნოლია

Il est temps de laisser notre voyage prendre un virage plus poétique avec « Magnolia », une ballade florale portée par la charmante Ana Malazonia. Ici, la chanteuse utilise le magnolia comme image du souvenir et de la nostalgie et parle de ces instants perdus que l’on voudrait retrouver, à l’instar de la beauté fugace et éphémère du magnolia dont le parfum s’attarde et reste dans la mémoire. On y imagine un balcon fleuri, une lumière d’après-midi, une petite brise qui soulève à peine les rideaux. Dans ce morceau, la voix d’Ana avance avec douceur, presque avec précaution, comme si elle n’osait pas déranger les souvenirs qu’elle évoque. Pour Nela Voyage, c’est une véritable « madeleine de Proust » !

10. NIAZ DIASAMIDZE / 33A : Ai Mtazeda

ნიაზ დიასამიძე / 33ა : აი მთაზედა

À ce stade de notre envolée musicale, levons un peu le pied pour savourer le ton contemplatif de « Ai Mtazeda », un titre que l’on pourrait traduire par « Au sommet de cette montagne ». Dans ce morceau, Niaz nous envoûte de son phrasé presque conteur, véritable marque de fabrique du groupe 33a, et chante comme s’il parlait à la montagne, ce qui n’est pas sans rappeler le deuxième morceau de cette playlist : « Eg Sakhe »… On y entend un monde où le spirituel et le naturel se rencontrent, où une fleur qui éclot devient un signe du destin, où les neiges éternelles représentent la mémoire des anciens. C’est une chanson dont la mélodie tranquille apaise et nous rappelle que rien ne presse, que tout respire et que le voyage est tout autant intérieur qu’extérieur !

11. BEJAN TSINTSALASHVILI : Lekuri

ბეჟან წინწალაშვილი : ლეკური

Laissons désormais travailler notre imagination grâce à « Lekuri », une mélodie instrumentale issue de la bande originale du film « Le père du soldat » qui surprend par sa capacité à évoquer des paysages et des personnages sans paroles… Écouter ce morceau, c’est se laisser guider par une partition narrative qui nous entraîne avec nostalgie et nous raconte une histoire. On a l’impression d’y voir un vieil album photo s’ouvrir, d’observer des personnages hauts en couleur, de laisser défiler le paysage par la fenêtre d’un train. Bref, tout ce que le cinéma géorgien aime faire sentir par la musique !

12. MARIAM KIRIA : Lurdji Iebi

მარიამ ქირია : ლურჯი იები

À présent, embarquons dans la petite capsule temporelle du classique « Lurdji Iebi » repris avec élégance par Mariam Kiria. Signifiant littéralement « Les violettes bleues », ce morceau à l’atmosphère rétro raconte les souvenirs doux-amers liés à l’insouciance d’une relation amoureuse, ce qui n’est pas sans rappeler une autre métaphore florale de cette playlist, celle de « Magnolia ». Sa mélodie au charme désuet flirte avec les couleurs pastel « à la française » et les terrasses du vieux Tbilissi où le temps s’arrête. C’est un souvenir tendre, comme un sourire triste qui ne fait jamais mal. Vous comprendrez lorsqu’il sera l’heure de repartir…

13. MAQVALA & ARCHIL CHIKHLADZEEBI : Sichabuke

მაყვალა & არჩილ ჩიხლაძეები : სიჭაბუკე

Continuons d’adoucir notre épopée sonore avec la ballade nostalgique de « Sichabuke », comprenez « La jeunesse ». Interprétée par le couple Makvala & Archil Chikhladze, qui était ensemble dans la vraie vie, cette chanson populaire est une ode au feu de la jeunesse, à son insouciance, à ses rêves et à ses maladresses, ainsi qu’aux espoirs lumineux et aux petites douleurs qui les accompagnent. Musicalement, la chanson a cette simplicité mélodique qui lui donne une énergie paisible et mélancolique, comme un souvenir simple et beau qui parle à tout le monde. Un regard à la fois tendre et lucide sur le temps qui file lors d’un doux voyage en Géorgie !

14. QVELA : Gviani Serenada

ყველა : გვიანი სერენადა

Puisque nous sommes bien partis sur la route de la légèreté, laissons la place à la romantique « Sérénade tardive » du groupe Qvela. Avec un ton proche de la lettre ou du journal intime, cette courte ballade acoustique est une dédicace à l’être aimé dans la pure tradition des sérénades géorgiennes. Les paroles évoquent les rêveries d’automne et une certaine douceur de la nostalgie, le tout enveloppé de quelques accords acoustiques et d’une touche de modernité. On y ressent une atmosphère un peu bohème qui donne presque envie de se balader dans les rues calmes de Tbilissi ou de Koutaïssi, le nez en l’air, une cigarette à la main et des pensées heureuses dans la tête.

15. BEDFORD FALLS : Mermisi

BEDFORD FALLS : მერმისი

Pour rebooster notre traversée, rien de mieux que le bondissant « Mermisi » dont le titre est tiré d’un concept du christianisme géorgien associé au futur et à l’au-delà. Dans cette chanson à l’esthétique surréaliste et lumineuse, le groupe Beford Falls mêle, non sans un brin d’ironie, les références bibliques et la culture pop pour créer une sorte de rêve satirique qui joue sur les contrastes entre les traditions et la vie moderne. Le morceau s’écoute donc comme un petit voyage étrange mais captivant qui avance avec une douce insolence entre les vieilles pierres et les néons urbains. Avec « Mermisi », on est en plein cœur d’une petite épopée personnelle !

16. GEORGIKA : Sharatin

გეორგიკა : შარათინ

Désormais, notre voyage prend un virage plus nerveux, plus épique, avec « Sharatin », une polyphonie entraînante originaire d’Abkhazie et surtout liée aux célébrations festives comme les rondes nuptiales. Avec cet air rituel, ce sont les portes d’un autre monde qui s’ouvrent… On y sent l’énergie d’un village en liesse, on y entend la mer Noire, on y ressent toute la puissance brute des polyphonies du Caucase occidental. Ici, les voix se croisent et font naître une énergie qui nous entraîne malgré nous, une force presque tellurique qui nous attire comme un aimant. Ce chant n’explique rien, il nous fait tout simplement vivre !

17. NIAZ DIASAMIDZE / 33A & NINI BADURASHVILI : Amodena Mdinare

ნიაზ დიასამიძე / 33ა & ნინი ბადურაშვილი : ამოდენა მდინარე

Alors que le soleil décline sur notre voyage, glissons vers les arrangements délicats et la tonalité contemplative de « Amodena Mdinare ». En mêlant à merveille la voix narrative de Niaz Diasamidze avec le timbre envoûtant de Nini Badurashvili, ce morceau donne l’impression d’un duo de voyageurs qui échangent souvenirs et promesses. Fidèle à lui-même, Niaz y compare les obstacles de la vie à des torrents, à des averses, à des tempêtes, d’où le titre « Tant de rivières ». Mais cette chanson parle avant tout de résilience et insiste sur la nécessité de rester fort face à l’adversité. On y entend de l’espoir. Une magnifique chanson qui donne envie de suivre un cours d’eau au plus profond d’une vallée géorgienne !

18. MARIAM ELIASHVILI : Chven Ekhla Erturts

მარიამ ელიაშვილი : ჩვენ ახლა ერთურთს

Notre périple musical touchant presque à sa fin, voici venir l’énergie lumineuse de Mariam Eliashvili qui vient nous parler d’amour dans « Chven ekhla ertuts », une chanson que l’on peut traduire par « Maintenant, ensemble ». Dans cette ballade moderne aux paroles simples et sans détour, il est question de rencontres inopinées et surtout de cette pulsion soudaine qui nous pousse à prendre la route ensemble sans avoir à se poser de question. Avec sa voix expressive et chaleureuse, Mariam nous propose un morceau qui respire l’enthousiasme et la joie des évidences. C’est beau, suave, direct et frais. Parfait pour nous redonner le moral alors que cette playlist s’achève bientôt… !

19. TRIO TBILISI : Giorgobistve

ტრიო თბილისი : გიორგობისთვე

À l’instar d’un excellent repas, le secret d’une playlist réussie est de toujours terminer par un bon dessert. Il est donc temps de finir en beauté avec un poème iconique du répertoire traditionnel : « Giorgobistve ». En géorgien, « Giorgobistve » fait référence à l’ancien nom du mois de novembre et on pourrait traduire ce mot par « Mois de la Saint-Georges ». Dans cette version chantée en chœur, l’ensemble vocal masculin Trio Tbilisi évoque la fin de l’automne pour parler du temps qui passe irrémédiablement. Je ne sais pas vous, mais avec son énergie chaleureuse et sa tendresse aux accents nostalgiques, c’est une chanson qui me donne du baume au cœur et l’envie de trinquer pour refaire le monde avec la première personne venue ! Un morceau parfait pour clore cette pérégrination musicale sur une note de convivialité et d’attache culturelle, vous ne pensez pas ?

Note importante : retrouvez tous les morceaux de cette playlist, ainsi que de nombreux autres, sur la chaîne Youtube de Nela Voyage. Et n’oubliez pas de vous abonner !

 

En espérant que cette playlist vous aura fait voyager et découvrir de nouvelles sonorités, n’hésitez pas à me dire en commentaires les morceaux que vous avez préférés, mais aussi à compléter cette liste par d’autres artistes ou d’autres compositions que vous auriez aimé voir dans cet article…

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Yvan RUIZ – 2025